Retour d'expérience

POMPER ET FILTRER SON EAU DE PLUIE

notre installation, nos choix, nos erreurs

Vous avez une cuve d'eau de pluie ou vous comptez en installer une, et vous vous demandez comment amener cette eau jusqu'au robinet ? Comment la rendre claire ? Et comment faire si l'électricité saute ? Voici un retour d'expérience complet basé sur deux installations différentes : celle de Marie, et la mienne (Bérengère). On vous partage ce qui fonctionne, ce qu'on aurait pu faire autrement, et les points à ne pas oublier.

N'oubliez pas la première partie : Autonomie en EAU : par où commencer ? Nos choix d'approvisionnement et de stockage, erreurs, problèmes

1. Prélever une eau la plus propre possible dès la cuve

La qualité de l'eau se joue dès la récupération. Dans nos deux cas, l'eau de pluie arrive dans une cuve enterrée, mais le système d'arrivée est différent.

  • Marie a mis en place un système de décantation à trois compartiments. L'eau transite de l'un à l'autre en laissant les impuretés se déposer au fond. Elle trouve qu'un système en deux compartiments plutôt que trois aurait suffi, car cela demande beaucoup d'entretien.
  • Chez nous, l'eau arrive directement par le fond de la cuve, ce qui évite les stagnations, mais peut aussi remuer les dépôts en cas de fortes pluies.

Dans les deux cas, on utilise une crépine flottante : un petit flotteur relié à un tuyau avec un filtre, qui aspire l'eau environ 10 cm sous la surface. Cela permet d'éviter de pomper les saletés déposées au fond ou les éventuels débris flottants.

2. Comment faire remonter l'eau : pompes électriques et manuelles


Pompe électrique : indispensable pour la pression

Si la cuve est enterrée, il faut une pompe pour faire remonter l'eau jusqu'au robinet avec assez de pression. On peut choisir :

  • Une pompe immergée, placée dans la cuve (plus silencieuse, mais moins accessible).
  • Une pompe de surface, placée dans l'habitation : facile d'accès, mais elle ne peut aspirer que jusqu'à 7-8 mètres.

Chez Marie : elle utilise un groupe hydrophore, c'est-à-dire une pompe couplée à une grosse vessie gonflable qui stocke de l'eau sous pression dans un réservoir. Cela permet de ne pas déclencher la pompe à chaque fois qu'on ouvre un robinet.

Au début, le système pouvait théoriquement stocker jusqu'à 50 L sous pression, mais aujourd'hui la membrane s'est détendue et ne met plus sous pression que 3 L, un problème qu'un changement de membrane pourrait résoudre. Avec le recul, il aurait été préférable d'opter pour un modèle plus grand (200 L).

Chez nous : nous avons choisi un petit surpresseur compact avec un tout petit réservoir (1,8 L). Il démarre progressivement (pas de pic de consommation électrique), mais à chaque ouverture de robinet.

📌 À savoir : si la pompe ne détecte plus d'eau (cuve vide ou tuyau bloqué), elle s'arrête automatiquement.

Pompes manuelles : pour garder de l'eau même sans électricité


Nous avons voulu pouvoir avoir de l'eau même en cas de coupure de courant. Nous avons donc installé trois pompes manuelles à bras (murales, en fonte), reliées à la cuve par des tuyaux indépendants : une pour la cuisine, une pour la salle de bain, une pour l'extérieur.

Les pompes intérieures ont été choisies chromées par souci esthétique.

Ces pompes permettent de puiser l'eau à la main, jusqu'à 7 ou 8 mètres. C'est un vrai confort en cas de panne, mais il y a deux points à connaître :

  • Il faut réamorcer la pompe si on ne s'en sert pas souvent. L'eau redescend dans le tuyau avec le temps. Nous gardons donc toujours une bouteille d'eau de côté pour verser un peu dans la pompe et relancer l'aspiration.
  • Il faut absolument la purger avant l'hiver si elle est dehors. Sinon, l'eau gèle à l'intérieur et casse la pièce inférieure.

Ces pompes ne permettent pas d'ajouter de filtre : l'eau sort telle quelle, donc mieux vaut qu'elle soit déjà propre.

Nous vous avons déjà présenté la possibilité d'avoir de la pression (pour une douche par exemple) avec une solution manuelle, la vidéo est disponible ici !

3. Filtration : pour une eau claire et propre, mais pas encore potable

Après la pompe électrique, on installe des filtres (à tamis, bobiné, à charbon actif) pour améliorer la qualité de l'eau. Cela permet d'avoir une eau claire, sans goût ni odeur, adaptée pour la vaisselle, la douche, ou les machines, nous l'utilisons même pour nous brosser les dents, laver les légumes, etc.

Voici les types de filtres que nous utilisons : 

Marie : 3 filtres Honeywell

Bérengère : 2 filtres Cintropur (un tamis et un charbon actif)

Ils doivent être changés ou nettoyés (selon les modèles) deux fois par an.

💡 Pensez-y : avant de démonter et nettoyer les filtres, préparez de l'eau, sinon vous n'en aurez plus pendant la manipulation.


4. Et pour rendre l'eau potable ?

Ni les filtres décrits ci-dessus, ni une lampe UV supplémentaire ne suffisent à rendre l'eau potable. Pour ça, nous utilisons un filtre à gravité, sans électricité : l'eau est versée dans un contenant, elle passe lentement à travers des cartouches spécifiques, puis s'écoule dans un réservoir inférieur.

C'est l'eau qu'on utilise pour boire et cuisiner. Il en existe plusieurs modèles, plusieurs marques, à prix très variables. Une vidéo entière leur est consacrée. Un tableau comparatif est également disponible.

Récapitulatif du matériel mentionné

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En résumé

Entre décantation, pompage électrique, pompes manuelles de secours et filtration, une installation d'eau de pluie complète se construit étape par étape, et s'ajuste avec l'expérience. Ni l'une ni l'autre de nos installations n'est parfaite, mais elles fonctionnent, et surtout, elles nous ont appris ce qu'on referait différemment.